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Que doit-on attendre des Bleus aux Jeux Olympiques ?

Avec un an de retard en raison de la pandémie de Covid-19, l’Equipe de France a rendez-vous cet été à Tokyo pour les Jeux Olympiques. Lors de leur dernière compétition majeure, les Bleus étaient parvenus à remporter la médaille de bronze lors de la coupe du Monde 2019, en Chine. Un peu moins de deux ans plus tard, jusqu’où les joueurs de Vincent Collet peuvent-ils mener la France dans la plus glorieuse des compétitions ?

Team USA dès la phase de groupes

Le 25 juillet et pour son premier match dans la compétition, l’Equipe de France devra faire face à Team USA. Même si la sélection n’est pas encore connue, ESPN a annoncé que la fédération américaine aurait sondé pas moins de 60 joueurs, sans oublier les grands noms de la NBA. On peut voir cela comme un mal pour un bien de tomber sur les Etats-Unis d’entrée de jeu, même s’il est clair que l’exploit du mondial 2019 en quarts de finale pourrait être très dur à répéter.

Au-delà de l’armada américaine, il ne faut pas oublier que seules deux sélections pourront sortir de ce groupe également composé de l’Iran et du vainqueur du TQO du Canada (Canada, Chine, Grèce, République Tchèque, Turquie ou Uruguay). La route ne va pas être simple dans cette magnifique compétition et Vincent Collet en est parfaitement conscient : “Si le Canada est qualifié et au complet, c’est une équipe incroyable. On a aussi Team USA dans la poule. Il faudra se battre pour en sortir et on croisera avec une équipe monumentale en quarts de finale comme la Serbie, l’Australie ou encore l’Espagne“.

De la défense et des brins de folie

Comme lors de la coupe du monde 2019, les Bleus devront avant tout miser sur la défense pour faire déjouer leurs adversaires et aller loin dans la compétition. C’est dans cette optique que Vincent Collet s’est tourné vers un noyau dur de la dernière compétition. À cela, il a rajouté une dose de talent sur les lignes arrières avec notamment Thomas Heurtel. “Ce que je vois, c’est qu’on a beaucoup de ressource. On avait, en 2019, un duo de meneur qui était d’abord défensif. Ils se sont d’ailleurs bien complétés, mais on avait l’idée d’apporter une dose de talent offensif pour renforcer cette équipe et Thomas (Heurtel) apporte ça“, a confié le sélectionneur en conférence de presse. De retour en France, à l’ASVEL, Thomas Heurtel pourrait d’ailleurs ne pas commencer les matchs et apporter son brin de folie en sortie de banc. “Tout dépendra de ce qu’on veut imprimer dans les matchs, mais on mettra l’accent sur l’aspect défensif. Mais ce n’est pas une remise en question. C’est comme Nando (De Colo). Il ne commence pas toujours les matchs, mais il est un de nos joueur essentiels et majeurs. Notre réussite va dépendre de l’acceptation des rôles des uns et des autres“.

Guerschon Yabusele a convaincu Vincent Collet de le sélectionner © FIBA

Tout comme son coéquipier à l’ASVEL, Guerschon Yabusele, a gagné sa place dans la liste, où il remplacera Mathias Lessort. “Guerschon a fait partie des cas les plus épineux. Il était venu sur la fenêtre de février l’an passé et on avait vraiment aimé ce qu’il avait fait. Je trouve qu’il a évolué tout au long de la saison. Je suis intéressé par sa dimension athlétique, il a une vraie main. Il a un manque d’expérience. Ça se voit dans le jeu défensif et surtout dans les articulations collectives, mais il est en progrès. Il peut nous apporter un brin de folie, des coups de chaud. Par rapport à nos 3 pivots plus classiques ça me parait intéressant“, a détaillé Vincent Collet.

On a jamais eu une équipe aussi grande et c’était une volonté d’appeler des grands“, a commenté Vincent Collet. Et pour cause, ce sont Rudy Gobert (2,16m), Vincent Poirier (2,13m) et Moustapha Fall (2,18m) qui ont été appelés sur le poste 5. “On à toujours eu l’habitude d’être plus petits sur plusieurs postes, même si on était déjà grands, mais c’est encore vrai à l’extérieur où l’on a moins de taille. En 2019, la Serbie c’est Marjanovic (2,24m), Milutinov (2,13m), Raduljica (2,13m) et Jokic (2,11m), l’Espagne c’est Juancho Hernangomez (2,05m) en poste 3 et Marc Gasol (2,15m) à l’intérieur. Dans les gros, gros matchs, la taille a beaucoup d’importance et c’est pour ça qu’on part avec trois géants“, rappelle le sélectionneur tricolore. De la sorte, l’Équipe de France pourra compter sur une force de dissuasion et un point d’ancrage en continue dans la peinture, peu importe lequel des trois pivots sera sur le terrain.

Des absents de marque

Quand on regarde la sélection, le premier absent auquel on pense, c’est Adrien Moerman. Vainqueur de l’Euroleague avec l’Anadolu Efes, l’ancien joueur de Limoges fait partie des meilleurs joueurs d’Europe à son poste. Il avait d’ailleurs donné un aperçu de son importance avant de se blesser à l’aube des championnats du monde 2019. Et pourtant, il n’est pas dans la liste des 12 qui iront représenter la France à Tokyo. Dans L’Équipe, il a affiché sa déception quant à sa non-sélection. Il a même annoncé mettre un terme à sa carrière internationale.

Au micro de RMC, Vincent Collet, qui ne s’était pas étalé sur le sujet suite à l’annonce de la sélection, a donné quelques détails au sujet d’Adrien Moerman : “Je comprends sa frustration. On sait que tous ces joueurs sont des champions, qui ont beaucoup d’ambition et il est évident que les Jeux Olympiques en font partie. C’est quelque chose de compréhensible. Mais ça aurait été pareil pour le joueur qui ne serait pas venu si j’avais pris Adrien“. Un retour à la Karim Benzema ou Adrien Rabiot, ses homologues footballeurs, ou à l’image d’Edwin Jackson il y a quelques années lors des prochaines échéances ? Selon, coach Collet, il faut laisser passer du temps mais il n’hésitera pas à l’appeler de nouveau.

Nicolas Batum va passer plus de temps sur le poste 4 qu’en 2019“, Vincent Collet © FIBA

C’est aussi le problème quand on a un vivier de très bons joueurs aussi important que celui de la France. “La difficulté avec un grand nombre de joueurs susceptibles d’intégrer le groupe c’est qu’il faut choisir et choisir c’est renoncer“, a déclaré le sélectionneur. Car au-delà de Moerman, Mathias Lessort, Axel Toupane ou encore Louis Labeyrie ont fait les frais des choix du sélectionneur. “C’est l’équipe avec laquelle on a le plus hésité. Avec mes assistants, on était tous plusieurs fois dans l’hésitation. C’était l’année la plus complexe. Pas moins de 20 joueurs ont été dans la discussion“, a précisé Vincent Collet.

La seule absence indépendante de la volonté de la FFBB, c’est celle de Théo Maledon. Auteur d’une saison rookie remarquable en NBA (10,1 points, 3,5 passes décisives, 3,2 rebonds et 9,1 d’évaluation), le jeune meneur de jeu avait presque gagné sa place dans les 12 avant de décliner l’invitation : “Théo voulait entreprendre un gros travail de développement cet été avec sa franchise, il n’a pas souhaité faire partie de la sélection“, a commenté Vincent Collet.

Rendez-vous sur le podium ?

Le talent des joueurs de l’EDF est indéniable, il faut maintenant savoir le convertir en résultats positifs. Après une très belle campagne 2019, seulement entachée par une demi-finale manquée face à l’Argentine, les Bleus doivent prétendre au podium. Vincent Collet a donné sont objectif pour les des JO : “Je souhaite aller sur le podium, le plus haut possible. Il faut avoir de l’humilité parce qu’il y aura des équipes redoutables. Il faudra se battre. Mais ça ne doit pas nous empêcher d’être très ambitieux et viser haut“. L’Équipe de France a les armes pour viser haut, mais il faudra être irréprochable. “Il va falloir bien travailler et construire un état d’esprit hors norme. Notre capacité d’adaptation va être déterminante“, alerte Vincent Collet.

Les Bleus ont d’abord rendez-vous à l’INSEP le 23 juin pour le rassemblement lié aux tests médicaux. Ensuite, il prendront la direction de Pau pour un stage du 25 juin au 6 juillet. Tandis que les matchs de préparation viendront après.

Matchs de préparation :

  • Jeudi 8 juillet Match Espagne-France Malaga, Espagne
  • Samedi 10 juillet Match France-Espagne Paris
  • Mercredi 14 juillet Départ pour le Japon
  • Jeudi 15 juillet au mercredi 21 juillet Stage Oshino, Japon
  • Dimanche 18 juillet Match Japon-France Tokyo, Japon
  • Mardi 20 juillet Match, adversaire à déterminer Tokyo, Japon

Programme des Jeux Olympiques :

  • Jeudi 22 juillet Transfert village olympique
  • Vendredi 23 juillet Cérémonie d’ouverture
  • Dimanche 25 juillet Match France-USA Saitama, Japon
  • Mercredi 28 juillet Match France-Vainqueur du TQO de Victoria (Canada)
  • Samedi 31 juillet Match France-Iran Saitama, Japon
  • Mardi 3 août Quart de finale Saitama, Japon
  • Jeudi 5 août Demi-finale Saitama, Japon
  • Samedi 7 août Finale Saitama, Japon

Rappel des 12 joueurs sélectionnés pour les Jeux Olympiques :

Postes 1/2 : Thomas Heurtel (ASVEL), Frank Ntilikina (New York Knicks), Andrew Albicy (Gran Canaria), Nando De Colo (Fenerbahçe), Evan Fournier (Boston Celtics).
Postes 3/4 : Nicolas Batum (Los Angeles Clippers), Timothé Luwawu-Cabarrot (Brooklyn Nets), Guerschon Yabusele (ASVEL), Amath M’Baye (Pinar Karsiyaka).
Poste 5 : Rudy Gobert (Utah Jazz), Vincent Poirier (Real Madrid), Moustapha Fall (ASVEL).

Neuf partenaires d’entraînements viendront se greffer à ce groupe.

Crédit photo : FIBA