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Une saison historique en Pro B, le phénomène Hugo Besson

Alors que tous les amateurs de basket sont tournés vers le phénomène Victor Wembanyama, il y a un autre Français qui a surpris tout le monde la saison dernière. Il s’agit de Hugo Besson (1,91m, 20 ans). Meilleur marqueur de Pro B et élu meilleur jeune de la division, le natif d’Angers a prévenu tout le monde. Le futur du basket français s’écrira avec lui. Nous sommes revenus sur sa saison historique avec son coach à Saint-Quentin, Julien Mahe.

Une explosion aussi calculée qu’inattendue

Arrivé à Saint-Quentin prêté par Chalon-sur-Saône après une fin de cursus en Espoirs remarquable (19,1 points, 5,7 rebonds et 4,1 passes décisives pour une évaluation de 19,7 en 2018/19), Hugo Besson a surpris toute la France du basket. S’il n’est pas rare de voir un jeune joueur performer en Espoirs, il n’est en revanche pas habituel de voir un joueur sortant d’Espoirs marcher sur toute une division, ni même déjà avoir du temps de jeu. C’est la prouesse qu’a accompli le natif d’Angers.

Je ne réalise pas encore forcément. L’année dernière personne ne me connaissait et cette année tout me tombe un peu de dessus“, avouait-il dans une vidéo avec le Youtubeur Brisco il y a quelques semaines. En plus d’avoir surpris la France du basket, l’ancien joueur de l’Elan Chalon a aussi laissé bouche bée son entraîneur au SQBB, Julien Mahe. “J’avais très bon espoir que, par séquence, il puisse mettre beaucoup de points, mais je n’imaginais pas qu’il puisse le faire avec tant de constance. Ça c’est sûr“, nous a confié le technicien français. Pour l’arrière, ce n’était qu’une question de temps. “Le scoring ça a toujours été mon style de jeu. C’est ma première qualité et j’ai bossé pour réussir à le faire en pro. L’année dernière, je n’ai pas eu la chance de le faire donc cette année je n’ai pas hésité à montrer ce que je savais faire et ça a payé“, expliquait-il à Brisco.

Mais c’était aussi un souhait de la part du coach de laisser de l’espace à sa jeune pépite afin qu’elle puisse s’exprimer et montrer ce dont elle est capable : “On a d’abord recruté Hugo, puis Parker Jackson-Cartwright. Le recrutement du meneur a été fait en fonction d’Hugo. On a eu des possibilités pour prendre des meneurs de jeu un peu plus scoreurs et j’avais refusé parce que je voulais vraiment quelqu’un qui soit capable par sa vitesse de pouvoir lui donner des ballons dans les percussions“. Seulement, c’est aussi une addition de facteurs qui a fait que Hugo Besson a pu être très efficace d’entrée. Le meneur de jeu Parker Jackson-Cartwright est arrivé seulement en septembre, à cause du Covid, ce qui a laissé les clés de la maison à l’espoir français pendant plusieurs semaines. “Il a pu prendre ses marques tout le mois d’août. Il a montré à tout le monde qu’il était en capacité de répondre aux attentes. Et puis nous, on a pu créer le jeu en partie par rapport à lui et le mettre en valeur. Le premier mois a été très important pour lui, pour nous et aussi pour la confiance qu’il pouvait avoir en ses coéquipiers et que ses coéquipiers pouvaient avoir en lui“, explique l’entraîneur tricolore.

Capacité à relever tous les défis

Une des qualités dont a fait preuve Hugo Besson la saison dernière, c’est le sang froid. En plus d’être capable de marquer des points d’à peu près partout sur le terrain, il a montré qu’il n’a pas peur d’avoir la balle dans les moments chauds et qu’il peut parfaitement marquer un tir décisif. “C’est un garçon qui répond à tous les challenges, témoigne l’ancien entraîneur de Gravelines, il a une grande confiance en lui, tout comme nous avions confiance en lui. Il ne subit aucune pression. Je pense que c’est gage de beaucoup de promesses pour son avenir professionnel. Qu’il soit dans une salle vide, avec 5 000 ou 10 000 personnes, dans un match important ou pas, il sera toujours là. Il a une confiance en lui qui est très forte, mais aussi un état d’esprit qui fait qu’il ne doute pas. J’ai trouvé ça très intéressant“.

Il y a évidemment eu le match de Quimper où il met un trois points à 5 secondes de la fin, mais je retiens aussi le match de Fos sur Mer, chez nous, parce qu’il sortait d’une blessure à la cheville. Il n’était pas à 100%, mais il a quand même trouvé le moyen d’être efficace et d’aller marquer le panier pour la gagne en agressivité à 3 secondes de la fin, face à une équipe qui est montée en fin de saison. Il a su répondre et il aime même ce genre de responsabilités. On l’a vu dès le premier match, quand il nous ramène en faisant 6/6 à trois points dans le dernier quart à Fos, qu’on pouvait lui donner la balle dans les moments chauds, se souvient Julien Mahe, c’est quelque chose qui fait de lui, à la fois, un jeune talentueux mais aussi quelqu’un qui, je l’espère, on pourra voir à très haut niveau rapidement“. 

Encore du travail

Bien que la performance soit incroyable, tout n’est pas fait et il reste encore beaucoup de chemin à parcourir à Hugo Besson. Lui qui a de grandes ambitions et qui ne cache pas ses envies de NBA. “Défensivement il a encore des progrès à faire. Sur la latéralité, sur sa capacité à tenir les duels en un contre un. Ça va aussi avec le développement physique, même s’il a vraiment beaucoup évolué cette année. Il a encore du travail. Il y a aussi les lectures de jeu parce que là il est scoreur, mais il faut qu’il développe sa capacité aussi à lire le jeu pour les autres quand la défense est très oppressante sur lui. Il pourrait aussi améliorer son maniement du ballon quand il est sous pression, même si c’est correct. Il a encore du boulot ! (rires) Mais c’est surtout défensivement que se fera la différence“, analyse Julien Mahe qui a pu être à son contact au jour le jour.

“Le but, c’était que la Pro B ne soit qu’un passage pour lui”, Julien Mahe.

En tout cas, son désormais ancien entraîneur ne se fait aucun soucis quant à sa motivation et à sa capacité à travailler. “Au moment où l’on se parle, on est dans la période des recrutements, on entend beaucoup parler de joueurs qui travaillent dur au quotidien, mais ce n’est pas toujours le cas… Hugo, je peux vous dire que c’est quelqu’un qui travaille dur. Il a un talent, mais il ne s’en contente pas et il travaille très dur“. Et la première preuve de ce travail c’est qu’il a pu passer plus de 30 minutes par match sur le terrain en 2020/21. Même si Julien Mahe voulait lui donner des responsabilités et le pousser à grandir, l’ancien joueur de Chalon a répondu présent sur le terrain et a su réagir à la moindre baisse de régime. “Après le match à Antibes, où il avait été assez moyen, on avait eu une discussion sur le fait qu’il fallait qu’il joue son jeu, mais qu’il aide aussi l’équipe à gagner des matchs. Il l’a très bien compris. Il a su s’investir dans le projet collectif et ça nous a aussi permis de faire une belle saison“.

Alors qu’il avait inscrit son nom à la Draft NBA, Hugo Besson est revenu sur ses pas. Un choix logique pour le jeune homme qui était diminué ces dernières semaines et qui n’a donc pas pu montrer ce dont il est capable aux différents dirigeants NBA. Après une saison aussi remarquable, l’ancien chalonnais a attiré l’attention de Vitoria mais aussi de l’ASVEL. C’est finalement vers une destination bien plus lointaine que s’est tourné Hugo Besson, la Nouvelle-Zélande et les New Zealand Breakers. A Auckland, il retrouvera un autre prospect français, Ousmane Dieng. Là-bas, il aura plusieurs coachs à sa disposition pour progresser dans des conditions optimales afin de se donner un dernier coup de projecteur avant de faire le grand saut pour la NBA.

Crédit photo : Gregory Portelette – Com1declic