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Vincent Poirier de retour en Europe, le choix d’une carrière ?

Mi-avril, Vincent Poirier (2,13m, 27 ans) a annoncé sa signature au Real Madrid. Par conséquent, il a quitté la NBA après quasiment deux ans et a fait son retour en Europe. Le meilleur choix de sa carrière jusqu’à présent ?

La NBA, le rêve ultime

Dominant en Jeep Elite en 2016/17, avant de prendre la direction de Vitoria, en Espagne, Vincent Poirier ne visait qu’un seule chose : la NBA. Et il s’est donné les moyens d’atteindre son objectif après deux ans passés au Pays Basque. “Je savais que c’était son but ultime. Il voulait absolument aller en NBA, tenter sa chance. C’est aussi bien de pouvoir aller au bout de ce qu’on a envie de faire. Il a pas eu d’opportunité, on ne lui a pas laissé l’occasion de jouer, mais au moins il a vu, il y a été“, analyse son ancien coach à Levallois (2015-17), Freddy Fauthoux.

Un choix discutable

A son aise dans l’effectif du Baskonia autant en ACB qu’en Euroleague, l’ancien joueur de Levallois a attiré l’oeil des dirigeants NBA en 2019. Et même s’il aurait pu rejoindre une encore plus gros cylindrée sur le Vieux Continent, le natif de Clamart a misé sur la NBA. “Après mes deux années à Vitoria j’aurais déjà pu aller dans un grand club européen. Je ne regrette pas, c’était une expérience à faire. Tout joueur de basket rêve d’aller en NBA, j’ai réussi à le faire, j’en suis très fier. Je ne vais pas renier ce que j’ai fait. Ça s’est passé comme ça s’est passé, ça fait partie des choses que l’on contrôle plus ou moins. C’est une étape de ma carrière, j’en suis très fier, je pourrai le raconter à mes enfants“, nous a-t-il confié.

© Real Madrid

En effet, lors de ses deux années aux USA, Vincent Poirier n’a pas eu la chance de pouvoir défendre sa place sur le terrain. Cantonné à des miettes en NBA et quelques matchs de G-League. “Personnellement, ce n’est pas forcément le choix que j’aurais fait et que j’aurais fait pour lui, mais il le savait. Je crois qu’à l’époque il y avait des contacts avec le CSKA, et je pense que ça aurait été mieux pour lui“, a commenté l’actuel assistant coach de TJ Parker à l’ASVEL.

L’avantage de ses longs moments sans jouer, c’est que l’ancien joueur de Hyères-Toulon a pu profiter de son temps libre pour travailler sur son jeu : “Je ne jouais pas donc je travaillais forcément plus ! En Europe c’est différent parce qu’on s’entraîne plus collectivement donc il n’y a pas forcément le temps de s’entraîner individuellement et vraiment avoir des charges de travail comme j’ai pu avoir en NBA. C’est deux styles différents, mais en NBA j’ai pu travailler d’une autre façon, travailler mon shoot et d’autres aspects de mon jeu. C’est aussi ça qui m’a permis de grandir et d’être plus confiant dans mon jeu“.

Ne pas s’enterrer aux Etats-Unis

Le piège en NBA, c’est de continuer de courir après un contrat et de se laisser entraîner en G-League avec l’espoir de se faire remarquer et de trouver preneur à l’étage du dessus. Malgré quelques performances remarquées avec les Maine Red Claws, l’intérieur francilien a eu l’intelligence d’opter pour traverser de nouveau l’Atlantique et trouver refuge dans une écurie de renom. “Mon passage en NBA m’a apporté un statut qui me permet aujourd’hui de pouvoir prétendre à gagner et vouloir dominer en Europe. Je pense que j’ai appris de personnes qui côtoient le très, très haut niveau et qui dédient leur vie au basket. J’ai côtoyé des gens qui m’ont permis d’avancer de grandir et je pense qu’aujourd’hui c’est bénéfique pour mon retour en Europe“, analyse Vincent Poirier.

Aujourd’hui, il ne pense plus à la NBA. Toute son énergie est consacrée au Real Madrid avec qui il s’est engagé jusqu’en 2024 et veut gagner des titres. Et cela peut commencer par le championnat d’Espagne. “Pour retourner en NBA, il me faudra certaines conditions, mais aujourd’hui ça ne fait pas partie de mes plans, ce n’est pas du tout dans un coin de ma tête“, juge l’international tricolore.

Un bourreau de travail

Pendant ses longues séances d’entraînement Outre-Atlantique, le géant français a notamment mis l’accent sur son tir. “C’était un aspect de mon jeu qui était à développer. Pourquoi pas prendre deux ou trois tirs extérieurs par match. J’aime bien pouvoir ajouter cela à mon arsenal. C’est cool que j’ai pu avoir l’occasion d’en marquer quelques-uns comme ça je rassure tout le monde à ce niveau-là“, se réjouit-t-il.

J’étais persuadé qu’il pouvait avoir un vrai tir régulier à trois points“, assure Freddy Fauthoux qui se souvient d’un joueur demandeur de travail à l’époque de Levallois. “On ne lui demandait pas de mettre des tirs, puis il faut avoir de la confiance. Mais c’est vraiment vers là où il pourra évoluer pour être encore plus complet parce que défensivement il a le contre, le timing du contre est bon, le timing du rebond on n’en parle même pas, il a le pick and roll… et à un moment donné il va falloir s’arrêter ! (rires)

© Karen Mandau

Des débuts fracassants

Le pari d’aller se tester en NBA s’avère être payant aujourd’hui. Même s’il n’a pas joué, le pivot français montre qu’il n’a rien perdu de son basket. C’est l’inquiétude qu’avait Freddy Fauthoux en le voyant s’envoler pour la NBA. “Je me demandais ce qu’ils allaient en faire là-bas. Et c’est vrai que pendant deux ans il n’a pas eu de match. C’est toujours difficile de se maintenir à un certain niveau. Force est de constater que ça ne l’a pas trop dérangé“, se rassure le technicien français.

Depuis son arrivée à Madrid, Vincent Poirier tourne à plein régime et compile en moyenne à 10,5 points, 8,5 rebonds et 1,4 passes décisives pour une évaluation de 16,5 après huit matchs. Arrivé à un moment ou Walter Tavares était diminué, celui qui a commencé le basket à Bussy-Saint-Georges a tout de suite été lancé par Pablo Laso. “Après mon arrivée, ils ont perdu Tavares pour quelques semaines. J’ai eu un peu le champ libre. Cela m’a permis de prendre beaucoup de rythme rapidement pour pouvoir être prêt pour les playoffs. Tout s’est bien enchaîné et j’ai été mis dans les meilleures conditions“.

Un retour synonyme de convocation aux JO

Dans la balance pour les Jeux Olympiques, Vincent Poirier n’était pas sûr d’aller au Japon. Présent en 2019 pour les championnats du Monde, l’ancien joueur du Centre Fédéral ne faisait pas partie des choix de Vincent Collet avant de signer au Real Madrid. “Si Vincent Poirier n’était pas revenu au Real ,on ne l’aurait certainement pas appelé. je pense qu’il a beaucoup travaillé à Boston, mais malgré tout son retour sur les terrains, il m’a semblé qu’il donnait des signes très intéressants, je suis sur qu’il va continuer à progresser pendant les playoffs espagnols avant de nous rejoindre fin juin“, a commenté le sélectionneur tricolore.

De son côté, Vincent Poirier avait à coeur de faire bien dès son retour : “Je m’étais mis une petite pression personnelle pour me dire qu’il fallait que je montre, que je prouve des choses, que je montre que je n’étais pas à la rue. Je pense que le pari est plus ou moins réussi, aujourd’hui j’ai même ma sélection pour les JO en poche“.

Quoi qu’il en soit, Vincent Poirier à eu l’opportunité de vivre son rêve américain. Mais surtout, il est de retour en Europe dans l’un des clubs les plus prestigieux. On l’espère pour longtemps et avec beaucoup de titres à la clé. Une ascension incroyable et mérité d’après son ancien entraîneur, Frédéric Fauthoux.

Crédit Photo : Real Madrid

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